Lettre au directeur du mémorial de la Shoah

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Monsieur le Directeur, 

Notre Association, nos membres et amis, sommes surpris par la conception de la plaquette éducative destinée à l’ensemble des élèves qui participeront à votre prestigieux concours. Tout en respectant le travail des  historiens qui ont contribué à  la rédaction de cet ouvrage,  nous ne pouvons accepter certaines affirmations historiques de votre plaquette 2021/2022. 

Cet ouvrage énumère les  épreuves successives que notre pays « la France » a subies,  sans relever jamais le sort des territoires « Annexés » par le Reich. Cet oubli curieux est-il volontaire ? Les élèves des lycées ne devraient-ils pas étudier l’annexion illégale des territoires et le sort des populations de l’Est de la  France. Il est indispensable d’expliquer aux jeunes gens,  pourquoi ces départements  furent simplement rattachés  au Reich sans procès ni  consentement, avec comme  funestes conséquences l’enrôlement forcé des 135 000 « Malgré-Nous », dont 40 000 sont morts dans des conditions inhumaines. 

La seule et unique mention citant les régions de l’Est en page 18, précise sous l’illustration d’une maison en feu, que des soldats allemands et alsaciens opéraient à Oradour s/Glane, grave erreur ! 

1 – L’illustration en page 18 représente une maison en flammes soi-disant à Oradour S/Glane, or la photo qui est connue des historiens fut prise à Lidice en Tchécoslovaquie lors du massacre du 10 juin 1942. Les soldats représentés sur la photo sont revêtus de la tenue de pluie des Waffen SS,  (or le 10 juin 1944 il faisait beau à Oradour). 

2  –  Leur nationalité n’est précisée ni sur leur vareuse ni  sur leur casquette. Question :  pourquoi l’accusation « ils seraient allemands et alsaciens » ? Sachant que la division das Reich était composée des nationalités, Allemandes, Ukrainiennes, Autrichiennes, Norvégiennes, Croates, Belges, Russes et Polonaises, pourquoi ne citer que l’origine Allemande et Alsacienne ? 

3  –  La  présence alsacienne dans les troupes Waffen SS  à  Oradour n’étant pas contestée, en les citant pourquoi ne pas préciser que les Alsaciens de la classe 1926, avaient été incorporés de force ? Avec comme conséquences la  mort pour plus de 500 réfractaires  ou déserteurs. Mais aussi  les  représailles sur la famille ou le clan en cas de refus du conscrit. La déportation pour toute la famille dans les territoires de l’Est de l’Europe (Silésie), était régie par la « Sippenhaft », une loi barbare qui pesait sur les parents, grand parents, frères et sœurs. Devons-nous relever ces contre-vérités malveillantes pour de simples erreurs ou de graves accusations conséquentes à un déficit de l’enseignement de l’histoire dans notre pays ?  Le devoir  de mémoire nous contraint  d’exiger les corrections  et  aditifs dans cet ouvrage, indispensables et nécessaires à un enseignement historique honnête et responsable. 

Recevez Monsieur le Directeur, l’expression de nos salutations respectueuses. 

Gérard MICHEL Président et le comité de l’OPMNAM