Séminaire du 19 novembre 2019

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ADEIF / OPMNAM COMPTE RENDU DU SEMINAIRE AU FEC du 16 nov. 2019

NON IL NE FAUT PAS REFERMER LE LIVRE DE L’INCORPORATION DE FORCE
NOS PERES NE NOUS LE PARDONNERAIENT JAMAIS.

Etaient présentes les délégations des associations d’Orphelins de Guerre dont : M. NUNNINGER DE l’APOGA, Mme LAURENZON de la FNAPOG, Mme MANTO BIGAY des Fils des Tués.
Il faut se rendre compte que l’Allemagne Nazie avait plus d’un objectif en forçant les Alsaciens et les Mosellans à revêtir l’uniforme de la Wehrmacht. D’une part le recrutement illégal leur permettait d’étoffer les unités combattantes dont certaines avaient déjà perdu plus de 50% des effectifs en 1942. D’autre part la mise au pas par le « Drill » permettait aux nazis de casser toutes velléités et toutes résistances chez de jeunes garçons. De surcroît les incorporations massives se faisaient dans les classes des jeunes gens de 18 à 23 ans, avec une majorité de célibataires susceptibles de former une résistance organisée et téméraire. Pour limiter les désertions ils furent majoritairement envoyés sur le « Front de l’Est » là où les Allemands de souche étaient envoyés en punition. L’incorporation forcée des gens de l’Est de la France n’est pas due au hasard, c’est une action mûrement réfléchie, FONDAMENTALEMENT ILLEGALE mais largement débattue dans les plus hautes instances Nazies. Une constatation s’impose les Alsaciens et les Mosellans ont servi de pions disposés sur les lignes de front les plus exposées, ILS SONT MORTS EN LIEU ET PLACE DES ALLEMANDS DE SOUCHE.
L’exposé de notre ami Eric SANDER eût le mérite de clarifier les choses en affirmant l’illégalité des actes de clôture des conflits mondiaux, l’absence de traités de paix est qualifiée de FICTION JURIDIQUE. Seuls les accords commerciaux permettaient une relance des circulations de marchandises et de minerais. L’Allemagne elle-même en la personne du Auswärtiges Amt a qualifié l’incorporation de force de UNRECHT WIDRIG, un acte illégal.QUI DOIT ASSUMER LES CONSEQUENCES DE L’INCORPORATION DE FORCE.
A la fin de la seconde guerre mondiale une série d’ordonnances furent édictées pour créer des secours urgents aux plus démunis et aux personnes en détresse absolue. C’est ainsi que l’Ordonnance du 10 mars 1945 stipule que les Incorporés de Force Alsaciens et Mosellans peuvent prétendre aux mêmes secours que les anciens combattants (français de l’intérieur). Un tour de force qui a permis de DISSIMULER LE DRAME VECU PAR LES ALSACIENS ET LES MOSELLANS. En intégrant les incorporés de force dans l’armée allemande dans le dispositif français, le ministère leur refusait le statut de VICTIMES DEPORTEES MILITAIRES. Or la responsabilité incombait entièrement à l’Allemagne Nazie. Par cette turpitude nos pères, leurs camarades, les veuves et les orphelins furent spoliés de leurs droits et des indemnités versées aux victimes en Allemagne par les services allemands.
En 1950 furent créés les dispositifs allemands se secours :
1 – LE BUNDESENTSCHÄDIGUNGSGESETZ – Loi d’indemnisation des victimes de la guerre 1939 – 1945
2 – LE BUNDESFÜRSORGEGESETZ – Loi d’assistance aux victimes de la guerre 1939 – 1945
Ces dispositifs qui indemnisent encore aujourd’hui certaines victimes allemandes, mais aussi belges italiennes, françaises, etc, en raison des « services rendus » à l’Allemagne devraient légalement nous concerner. Or les services allemands nous opposent l’ordonnance de 1945 qui aurait dû prendre soin des veuves et des orphelins ?
Notre surprise fut grande en apprenant de l’Allemagne que nous aurions dû bénéficier d’un secours français par les ONAC ! Sachant de quelle misère la plupart d’entre nous furent témoin et qu’aucune indemnité ni pension ne nous fut jamais versée par les ONAC. Nous avons écrit le 29 juillet 2019 au Ministère des Anciens Combattants pour clarifier cette situation ubuesque. Rendons hommage à la Secrétaire d’Etat sa réponse du 09 octobre 2019 fut précise et claire : « aucune disposition en faveur des orphelins des incorporés de force ne fut prévue ». Voilà où nous en sommes à l’heure actuelle, notre avocat Maître Scheulen de Nuremberg s’est empressé de redéposer nos doléances aux services concernés, attendons la réponse après examen de notre requête.
Maître Scheulen dans son exposé en allemand nous a expliqué comment fonctionnent les mécanismes des différentes indemnisations prévues par les lois votées dans les années 50, il est regrettable qu’ici en Alsace Moselle elles ne furent jamais appliquées. Très sommairement il a détaillé deux dispositifs soit l’indemnisation versée aux veuves et aux orphelins pour la perte du père, une allocation unique et la pension allouée aux veuves et aux orphelins, avec toutefois une précision pour les orphelins, versée jusqu’à la 18e année et jusqu’à la 27e année pour les étudiants.
Un deuxième écueil nous attend, sachant que le récipiendaire doit posséder la nationalité allemande où habiter sur le territoire allemand. Notre argumentation pour revendiquer le bénéfice de plein droit s’articule sur la
constatation suivante : Sachant que seuls les individus de SANG ALLEMAND, ou les VOLKSDEUTCHE étaient éligibles pour être intégrés dans la Wehrmacht, Himmler et Wagner ont convenu que la nationalité Allemande serait attribuée de plein droit aux Alsaciens Mosellans le jour où ils furent affublés de l’uniforme « Feldgrau ».
Nous posons la question suivante : Nos pères qui ne sont pas rentrés en France, qui sont morts sous uniforme allemand, qui sont enterrés quelque part dans des fosses communes, sont-ils morts de nationalité Allemande où Française ? Qui peut avancer que leur mort devrait effacer cette qualification d’éligibilité à un secours destiné aux victimes de cette guerre doublées d’un crime contre l’humanité ?
Si l’Allemagne a le soin de verser des secours à ses affidés de la LVF, de la Légion Azul, de la Légion Condor, où toutes autres formations de volontaires étrangers « elle se doit d’indemniser au minimum à égalité les victimes de l’incorporation de force, dont nous sommes les tristes héritiers ». On ne peut pas ériger une règle un jour et la défaire le lendemain, QUE L’ALLEMAGNE ASSUME SES TURPITUDES !
L’assemblée s’est interrogée sur les qualifications des bénéficiaires des décrets 2000 et 2004, il faut préciser que le Ministère nous oppose la notion d’EXTREME BARBARIE NAZIE dont nous serions exclus on ne sait pour quels critères ? En effet cette argumentation nous a régulièrement choquée, mais en réfléchissant un peu plus en avant on est obligé de comprendre le désarroi des services ministériels chargés de qualifier les crimes contre l’humanité commis par le gouvernement français de Vichy. Les services de police et de gendarmerie, la Milice française, aux ordres de René BOUSQUET, Darquier de Pellepoix, Maurice PAPON, LAVAL et PETAIN ont organisé et procédé aux rafles des juifs étrangers à Paris et dans toute la France, il s’agit d’un CRIME FRANÇAIS. Nul doute que sous la pression d’avocats Américains la France a lâché un geste en faveur des survivants et des descendants des juifs français livrés aux Nazis allemands. D’autant plus que pendant de longues années certains hauts responsables de ce crime ont pu échapper aux tribunaux et même d’occuper des postes de hauts fonctionnaires et de dirigeants dans la finance ?
UNE RAISON DE PLUS POUR QUE NOTRE INDEMNISATION PROVIENNE DE LA RFA
500 jeunes gens Alsaciens et Mosellans réfractaires, évadés ou résistants ont été jugés, condamnés et exécutés par les tribunaux d’exception Militaires ou Civils Nazis. 35 000 morts nous interrogent du fond de leur fosses communes, la terreur Nazie en Alsace Moselle n’est pas un vain mot, toutes les familles ont de près ou de loin vu partir un fils un mari un père, pour ne jamais le revoir. Ce crime ne doit pas rester impunis, nous revendiquons haut et fort que les orphelins des Malgré Nous ont été oubliés, exclus des indemnisations d’orphelins de guerre français, exclus des allocations de la FEFA, exclus du bénéfice des décrets de 2000 et 2004, on nous a volé nos pères sans jamais le reconnaître et sans en assumer la réparation !
LE DEBAT CONCERNANT LE MUR DES NOMS
Une fois de plus le débat sur le Mur des Noms a fait monter la température de la salle, MM TROESTLER et WAHL ont pu nous donner quelques précisions sur le travail de la commission d’enquête qui fut nommée par la Région Grand Est pour redéfinir les objectifs et la réalisation d’un monument mémoriel qui ne sera plus un Mur des Noms. En effet il est fortement question d’une conception architecturale à définir et à concevoir, une commission d’enquête a été nommée attendons les résultats de ses travaux. Inutile de préciser que la majorité des personnes présentes ne comprend pas pour quelle raison la notion d’un mur avec tous les noms est abandonnée. Ne devrait-on pas l’appeler le MUR DES MORTS ? L’assemblée regrette que la généreuse idée du Rabbin Gutmann ne fut pas retenue, gravons leurs noms par ordre alphabétique. Ne figureront sur ce mur que les victimes certifiées MORTES POUR LA FRANCE, alors pourquoi s’opposer dans de stériles querelles ?
LES ACTIONS EN JUSTICE DE L’ADEIF
Maître Simonnet nous a informé de la mise en état des recours en justice, à savoir la nouvelle procédure ADEIF contre PRAZAN qui est prévue au calendrier des plaidoiries le 09 janvier 2020 au TGI de Strasbourg.
Concernant le recours à la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme) dans la procédure ADEIF contre M. Hebras, nous nous posons la question à savoir : faut-il poursuivre la procédure contre M. Hebras ? D’une petite affaire où les ADEIF avaient réclamé le Franc symbolique, nous nous retrouvons devant un imbroglio juridique qui peut nous coûter plus de 25 000 Euros (ou à M. Hebras qui depuis a mis de l’eau dans son vin). Ne faut-il pas savoir arrêter les frais en acceptant la condamnation en 1ere instance, une réconciliation entre le Limousin et l’Alsace ne serait-elle pas possible en nous serrant la main ?
DERNIERE MINUTE : Nous avons retiré le recours à la CEDH le 21 nov. 2019 et mettons fin à un différend douloureux.

Gérard MICHEL Président de l’OPMNAM.